Les handballeurs de l’ENS Cachan sont historiquement reconnus et respectés pour leur férocité et leur technicité, le premier déplacement de la saison ne s’annonçait donc pas comme une promenade de santé pour les fiers guerriers de l’APLP. Malgré un effectif diminué, miné par les blessures et les absences, cette « affiche alléchante » (formule de Jean-Pierre Christian) est attendue depuis le début de la saison par les amateurs et les spécialistes, tant et si bien que le match se déroulera à guichets fermés, et ce en dépit de la l’impressionnante capacité d’accueil de la Jesse Owens Arena de Cachan.
Dès le coup d’envoi cependant, SciencesPo doit lutter pour resister aux coups de boutoir répétés des normaliens, qui ont visiblement faim de chair fraîche. Le début du match est à peu de choses près unilatéral, les Verts s’élancent dans tous les sens au gré de courses imprévisibles, enchaînent les contre-attaques et pilonnent les cages jaunes et noires (qui ne le sont pas vraiment, c’est une image, une expression). Malgré le soutien psychologique de quelques handballeuses déchainées et de sages anciens à l’analyse avisée ayant fait le déplacement, le coaching de Thibaut Freté, ancien international australien, et la présence éclairante du président de l’AS, les Jaunes et Noirs ne parviennent pas à prendre l’avantage et demeurent dominés sur la plupart des secteurs de jeu.
Mais SciencesPo colle tout de même au score, grâce à Bianco, la malicieuse recrue fraîchement débarquée du mercato d’été qui régale l’assistance d’un superbe lob (17ème), ou encore Martin, fier chevalier teuton qui donne du fil à retordre aux légions cachanaise, mais surtout grâce à la performance stratosphérique de Raph, gardien de but, qui semble aimanter la gonfle ; il est insolent de facilité, à tel point que certains joueurs adverses ont confié après le match avoir préféré manquer le cadre plutôt que de risquer le « pastis » à chaque tir…Malheureusement, un seul joueur ne suffit pas pour remporter la victoire, aussi divin soit-il, et le score est toujours cachanais au cours de la seconde mi-temps. Le désespoir semble parfois s’emparer des supporters ayant bravé le périphérique, tandis que les locaux commencent à croire sérieusement à la victoire.
C’était sans compter le charisme dont a su faire montre le capitaine emblématique de l’APLP Yohann Marcet, à la fois sur et à l’extérieur du terrain, qui a renversé la tendance par son leadership, son inventivité et son audace, et finalement permis aux Jaunes et Noirs d’arracher le nul, 27-27, au terme d’un match à la tension insoutenable mais délicieuse.Orgueilleuse, l’APLP a une fois de plus inversé le cours du match, attestant ainsi de la maturité des handballeurs et attend vivement les prochains matchs à domicile qui devraient attirer les foules.
M.B
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Un commentaire
27-27? Pour des sciencespistes j’appelle ça un signe…
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